Ben oui, c’est élémentaire
mon cher Watson !
Les gens entrent dans ces
services parce qu’il y a le mot SOINS !
Vous êtes en fin de vie,
rassurez-vous ON va vous soigner !
Trêve d’humour (noir), les praticiens sérieux parlent de SOULAGER et non
pas SOIGNER mais n’empêche, les fanatiques des soins palliatifs nous narrent souvent le fait que des patients qui
voulaient mourir, une fois sédatés ne veulent plus d’euthanasie ?
Donc, NON à l’aide active à mourir (euthanasie passive et active)
point !
Sauf que ce raisonnement est tronqué :-(
La majorité des gens qui partent en Soins Palliatifs (faute d’autre
choix comme en Belgique) retiennent inconsciemment le mot SOINS.
Oui Soins pour soulager mais qui
ne vous dispenseront pas de la phase finale : La MORT !
Notre société sacralise
tellement la VIE (à tout prix) qu’elle en oublie l’issue inéluctable ?
Le résultat est pitoyable, la grande majorité des humains arrive
totalement terrorisée à « l’article
de la mort » (Près de la mort, au moment de l'agonie) alors que tous ceux qui
ont vécu une expérience de mort imminente savent que c’est un passage qu’il ne
faut pas redouter à condition de PARTIR en paix et sérénité !
Historiette
courante dans le milieu des soins palliatifs :
Quand les personnes
demandent l’euthanasie c’est qu’elles n’en peuvent plus, elles poussent un cri
de vie (?) en demandant à ce que leur souffrance soit prise en
compte, que leur souffrance soit mieux soulagée et demandent à être mieux
accompagnées. Une fois soulagées (sédatées) elles ne veulent plus mourir ?
Et pourtant elles meurent :-(
Et si on laissait les gens
CHOISIR la fin de vie qu’ils souhaitent ?
Et enfin non pas une historiette mais
la réalité :
MOURIR en SOINS PALLIATIFS en FRANCE
Témoignage de Madame
Anne-Marie Brard en Occitanie
Jusqu'à présent je ne savais pas grand-chose sur les
soins palliatifs. Je pensais cependant qu‘ils étaient le grand rempart contre
la souffrance en fin de vie.
Quand j’ai appris que mon cousin (92 ans) était
transféré de l’hôpital de Tarbes en oncologie à xxxx et de là à l’étage des
soins palliatifs, j’étais soulagée certaine qu‘il allait mourir dans de bonnes
condition. Hélas je n’avais pas compris qu’en entrant dans le service de soins
palliatifs, j’entrais dans le sanctuaire de la déontologie...
Ma descente aux enfers a commencé ! Que de larmes de
révolte versées à son chevet en assistant à cette lente et terrible agonie où
je me suis sans cesse heurtée au refus obstiné d'agir plus efficacement.
Les infirmières très attentives ne pouvaient rien faire
d'autre que de respecter les décisions du médecin responsable Madame xxxxxx.
Pour rendre justice à ce médecin je dois dire qu‘elle
s‘est montrée très investie dans ses fonctions de médecin en soins palliatifs.
Apres le décès elle m'a
téléphoné pour me dire qu’ils avaient mis beaucoup de temps à trouver le bon
dosage, INCROYABLE !
C’est ainsi que sont passées des heures et des heures
de souffrance pour mon cousin et d'une certaine manière pour moi aussi. ll
souffrait tellement qu‘on ne pouvait pas le toucher ni même le rafraichir par
une petite toilette. Il ressemblait à tous ces malheureux de Buchenwald.
N‘en pouvant plus devant ce corps et ce visage ravagés
par la souffrance, j’ai demandé à rencontrer le médecin qui était en réunion.
Encore deux longues heures à attendre !
J’ai enfin été reçue dans une petite pièce en
compagnie d’une infirmière et d’une autre parente de mon cousin. Et là je me suis retrouvée au banc des accusés : Je
communiquais mon anxiété à mon cousin et je doublais donc sa souffrance !
Je ne devais pas utiliser de phrases avec des
négations du style « ne t’inquiète pas » car le cerveau d‘un mourant
entend « inquiète-toi » Bref, j'ai eu droit à un cours de syntaxe !
J‘ai voulu faire valoir le fait qu'on lui avait remis
les dernières volontés de mon parent concernant sa mort. ll ne voulait pas de
réanimation, pas d‘acharnement thérapeutique.
Ce document n'a servi en rien !
Il aurait dû sans doute préciser qu‘il ne voulait pas
qu'on laisse trainer sa mort !
Mais aucun regret, ce dernier souhait n'aurait pas été
respecté puisque madame xxxxxx m’a expliqué que le code de déontologie dans la
médecine en soins palliatifs devait être respecté et que l’on ne pouvait pas
raccourcir les derniers moments de vie.
Et elle a évoqué St Thomas d‘Aquin !
J’ai alors demandé que mon cousin bénéficie au moins
d’une sédation conformément à la loi Leonetti.
On m’a expliqué que ce n'était pas possible car il
fallait que cela se décide en réunion collégiale et que de toute façon il ne
souffrait pas suffisamment pour en arriver là.
Suite à cette demande le médecin m‘a dit que je devais
être une partisante de l’euthanasie !
Ce à quoi j‘ai répondu que pas forcément mais que je
trouvais inhumain de laisser mourir quelqu’un aussi lentement et dans des
souffrances inacceptables.
J'ai finalement obtenu la permission d’utiliser la
pompe à morphine quand j'estimais qu'il le fallait mais pas plus de quatre fois
par heure ce qui était dérisoire au stade où il en était I
Si j’ai choisi de témoigner c'est parce que je veux
alerter les consciences en démontrant que sous couvert de déontologie on peut
devenir dans de nombreux cas les bourreaux de pauvres agonisants qui n’en
finissent pas de mourir la bouche ouverte. De plus je ne voudrais pas que mes
enfants et mes petits-enfants assistent à un tel spectacle dans mes derniers
moments !
Madame Anne-Marie Brard
PS : Combien d’anciens médecins meurent en SP ?